mercredi 9 janvier 2013

Social Media Malaise

Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ce petit moment gênant quand on doit dire "je suis Community Manager" ? Pourquoi ce sourire appuyé de votre interlocuteur quand vous lui répondez cela ? Le hasard ? Certainement pas.

L'enfer, c'est les autres.

Les autres, ce sont ceux qui étaient là au début. Ils ont vu comment ils pouvaient spam - pardon - "driver du trafic" grâce aux réseaux sociaux. Ils se sont dit que c'était génial, et ont commencé à faire du marketing ou à se fixer des objectifs de ventes via ces réseaux sociaux. Peut-on leur en vouloir ? Pas forcément, après tout c'était encore tout neuf et il fallait donc un temps d'adaptation ou devrais-je plutôt parler de temps de réaction pour comprendre que l'approche était mauvaise. Le problème, c'est que plutôt qu'étudier ces plateformes et s'y adapter, ils ont tout juste pris la peine de calculer combien de caractères il fallait dans un post et à quels horaires il fallait les poster pour que ça transforme en plus de clics. Parfois même, ils se fendaient d'une infographie pour rappeler l'importance de ce travail effectué avec une rigueur quasi-scientifique. Seulement, si étudier le vide est important en science, ça l'est moins dans notre domaine.

"[Random social media marketing bullshit] to drive trafic & maximize engagement"


Un grand pouvoir, etc.

Influents et influenceurs autoproclamés, ils faisaient beaucoup de bruit et attiraient sur eux les regards ébahis de jeunes pousses se disant "je veux bosser dans le web / la com' / le DJ-tail". De ce fait, le domaine étant toujours relativement neuf, ils étaient alors des modèles, des références (si les vieux loups du web se souviennent de leurs noms, moi non), et beaucoup se sont dit que s'ils maîtrisaient les outils, ils pourraient en faire leur métier. Or, si je suis très habille avec un marteau, je suis bien incapable de bosser dans le bâtiment : mi-2012, plus de la moitié de la profession découvrait enfin l'EdgeRank de Facebook et ne jurait que par Pinterest (que personne sauf eux ainsi qu'une micro-sphère de clients dans le domaine de la mode luxe utilisaient). Admirez cette translation du point A situé au centre de ma main jusqu'au point B se situant au beau milieu de mon front. Vous ne faites que l'imaginer ? Rassurez-vous, ça me suffit.

Il faut dire qu'ils ne sont pas aidés.


2013 c'est ton année, Roger.

Alors aujourd'hui, quoi ? On voit pas mal de Community Managers retourner plus ou moins leur veste et se découvrir une soudaine éthique. Haro sur le mass-follow, haro sur l'achat de Likes, haro sur les opé bloggeurs-influents... Pourquoi pas, après tout c'est le résultat positif qui en découle qui m'importe vraiment. Trop de dégâts ont déjà été infligés au web dit "SOCIAL" et les CM passent presque tous pour des rigolos... A tel point qu'il est devenu normal d'aller troller sur les pages Facebook pour voir quelle pirouette effectuera notre gentil ménestrel afin d'amuser le peuple. Vous animez une communauté, vous n'êtes pas le bouffon de la Cour et ni votre marque ni sa page Facebook ou autre n'est son paillasson.

Et enfin comment faut-il le dire, vous êtes sur un média "social" ? Il y a SOCIAL DANS LE NOM. SOCIAL ! Est-ce vraiment si compliqué ? Alors arrêtez de faire l'autruche qui ne fait que poster et répondez/interagissez avec vos abonnés/fan/whatever ! Vous avez LA CHANCE d'avoir un contact quasi direct avec eux et au lieu d'en profiter, d'apprendre à les connaitre ou tout simplement, répondre à leurs questions et remonter leurs retours, vous... vous leur déversez un vomi publicitaire au beau milieu de leur flux. ET CA ROGER TU NE SAIS PAS A QUEL POINT ÇA M’ÉNERVE OH QUE ÇA M’ÉNERVE. Heureusement pour nous tous, 2013 sera l'année cruciale qui mettra les projecteurs sur les Community Managers (et donc les marques qu'ils représentent, rappelons-le) qui ont un minimum de considération pour les fans/communautés qu'ils gèrent tout en ne laissant pas se transformer un espace d'échange et de discussion... en fosse aux lions.

Alors Roger, je compte sur toi : en 2013, ne déconne pas.